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Alors que s’achève la 21ème Conférence des parties à Paris, de nombreuses préoccupations restent en suspend au sein de la société civile et des acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Le texte qui sortira semble déjà loin d’un accord ambitieux, universel et contraignant. Il conservera les zones de flou quant aux objectifs à atteindre et au financement des engagements pris.

Cet accord était-il condamné à être aussi peu ambitieux ? Sans aucun doute, puisque les négociations ont oublié d’aborder les questions cruciales. Autant l’affirmer dès maintenant : aucune réponse ne pourra être apportée à la spirale du réchauffement et des injustices climatiques sans aborder les dérives relatives à notre modèle de développement économique.

 

 Le chemin et la volonté collective

 Sept millions de décès dans le monde, près de quatre cent milles en Europe : c’est ce que cause la pollution de l’air chaque année. On pourrait multiplier les chiffres, une réalité indéniable en ressort : le coût humain et environnemental de la surexploitation des ressources naturelles est dramatique. Ne pas inverser cette tendance irait jusqu'à mettre en danger les conditions mêmes de survie de l’humanité.

 Quand on égrène le nom des villes où se sont déroulées les vingt conférences antérieures sur le climat (Durban, Doha, Cancun, Varsovie, Lima, et la plus emblématique de toutes, Copenhague en 2009), l'impression qui domine est que les négociations ne trouvent jamais d’issue et qu’elles ne peuvent aboutir qu’à des compromis décevants, dont les exigences fixées ne sont généralement pas suivies d’effets.

 Cela fait six ans, depuis la conférence de Copenhague, que le principe d’un accord juridiquement contraignant a été enterré. Le dernier en date, né de la Cop3 à Kyoto en 1997, avait été rejeté dès l’origine par les Etats-Unis et la Chine – pourtant plus gros émetteurs de CO2 avec l’Union européenne. Depuis, c’est donc à chaque État qu’il revient de décider des efforts qu’il consentira ou non.

 Face à un chemin aussi poussif, sur quoi cette cop21 pouvait-elle déboucher ? A en croire l’accord intermédiaire publié à la moitié de la conférence, sur un texte a minima. Il y a bien sûr des signaux prometteurs, notamment avec l’engagement de la Chine de réduire de 60 %  les rejets de ses centrales à charbon d’ici 2020, alors qu’elle représente à elle seule plus de la moitié de la consommation mondiale de charbon. Mais, face aux grandes questions que l’accord doit trancher, plusieurs réponses plus ou moins audacieuses devraient être enterrées. Par ailleurs, la contribution des pays développés à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement  n’est toujours pas financée dans sa totalité. Plus globalement, l’objectif même de contenir le réchauffement à 2°C semble définitivement compromis.

 Il faut aussi s’interroger sur le choix des sponsors de la Cop21, financeurs notamment de l’aide aux pays pauvres. Une banque figure parmi les sponsors officiels, BNP Paribas. Elle n'est rien d'autre que le leader français du financement des énergies sales (charbon, gaz de schiste et autres sources fossiles). Elle refuse toujours de prendre le moindre engagement significatif de retrait du secteur du charbon et investit neuf fois moins dans les énergies renouvelables que dans les énergies fossiles depuis 2009. Dès lors, le poids financier que représentent de tels lobbies risque de cadenasser les négociations et d’entraver les chances d’obtenir un accord résolument ambitieux.

 

La France, hôte modèle ?

 Mesurer les chances d’obtenir un accord résolument ambitieux revient aussi à évaluer le volontarisme des États signataires, en s’arrêtant sur les efforts qu’ils ont déjà engagés en faveur de la transition énergétique. Revenons, à ce titre, à l’échelle de la France qui, en tant que sixième puissance mondiale, hôte de la Cop, devrait être exemplaire en la matière.

C’est bien en France que le budget alloué à l’écologie s’est vu amputer de 100 millions d’euros pour l’année 2016 et que l’aide au développement a vu ses crédits diminuer de 2,77 à 2,66 milliards d’euros, en baisse de 6 % pour la cinquième année consécutive. Dans la même logique, on pourrait fustiger la stagnation, depuis 2012, du budget de la recherche publique, sans laquelle il est impossible de concevoir des solutions viables pour notre avenir commun.

C’est bien en France, également, qu’est enterrée la "trajectoire carbone" qui prévoyait l'augmentation progressive de la contribution climat énergie, afin de taxer plus lourdement les produits énergétiques polluants. Alors que celle-ci avait été inscrite dans la loi sur la transition énergétique votée en août dernier, elle ne se retrouve pas dans le projet de loi de finances présenté par le gouvernement. Autrement dit, une loi a été adoptée par les parlementaires, validée par le Conseil constitutionnel, mais le gouvernement tergiverse encore pour l'appliquer. 

C’est bien en France, enfin, que les ministres de l'écologie et de l'économie, Ségolène Royal et Emmanuel Macron, viennent d’accorder trois nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Rappelons que le Code minier ne permet pas à un gouvernement de revenir sur un permis de recherche préalablement octroyé et qu’il rend quasi-automatique la transformation d’un permis de recherche en une concession…

Ces reculs sont autant de mauvais signaux qui brouillent les pistes du volontarisme affiché dans les déclarations officielles. Mais, au fond, ce serait passer à côté de l’essentiel que de ne pas chercher à les comprendre.

 

L’impossible équation entre capitalisme et transition énergétique

 Si le gouvernement a tant réduit les moyens destinés à l’écologie et à la transition énergétique, c’est en grande partie pour financer le plan de 50 milliards d’euros d’économies dans les dépenses publiques d’ici à 2017. C’est aussi ça l’austérité : une politique qui réduit la puissance publique à un appareil de gestion comptable, qui la prive par là-même de sa capacité à intervenir sur le court et le long terme dans l’intérêt des peuples.

 Plus encore que l’austérité, c’est notre modèle de développement qu’il faut interroger. Quand celui-ci repose sur la recherche du profit, autrement dit sur la réduction toujours plus conséquente du prix des moyens de production quelle qu’en soit leur facture énergétique, comment le rendre compatible avec l’exigence de sobriété énergétique ? Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre, le dit plus directement : « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ».

Dès lors, nous n’avons d’autre choix que d’affirmer que la nécessité d’opérer une véritable transition énergétique ne peut être conciliable avec l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative au modèle économique actuel. Dire le contraire, ce serait céder à l’immobilisme politique. Nier cette réalité, ce serait prendre un retard irrattrapable sur le remboursement de notre dette écologique. 

La transition énergétique est avant tout une affaire de choix. Les Jeunes Socialistes militent pour la construction d’un modèle de société alternatif fondé sur la démocratie économique et la sobriété énergétique. C’est ce que nous appelons l’écosocialisme. Alors que le modèle actuel ne prend pas en compte l’impact environnemental de la production de richesses, se tourner vers l’écosocialisme consisterait à mettre un terme à la course à la compétitivité en réorganisant la production en fonction des besoins sociaux et des exigences de protection de l’environnement.

Pour en prendre dès maintenant le chemin, les Jeunes Socialistes des Yvelines appellent à sortir du carcan libéral en renégociant les règles budgétaires européennes, qui ne peuvent continuer à faire primer l’objectif des 3% de déficit public sur celui des 2°C de réchauffement climatique. Ils appellent aussi à engager la sortie du nucléaire pour mettre un terme à la dépendance énergétique de la France, à instaurer une fiscalité verte pour sanctionner les gros pollueurs et à réaliser des investissements publics dans les transports en commun et les énergies renouvelables.

C’est à ce changement de modèle que devraient tendre les réflexions politiques. C’est là que se plaçaient les attentes des Jeunes Socialistes et de la société civile dans le cadre de cette Cop21. La réponse à l’état d’urgence climatique ne peut plus être repoussée.

 

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